Bilan hydrique basique pour les agriculteurs
Cliquez sur la carte pour estimer la réserve utile en eau du sol (0–60 cm) sur votre parcelle. Le calcul se lance. Si vous irriguez, ajoutez vos irrigations. Le calcul s'actualise.
Imaginez le sol de votre parcelle, sur les 60 premiers centimètres, comme un seau qui retient de l'eau. Ce seau a une capacité maximale : c'est la RU, la Réserve Utile, exprimée en millimètres d'eau (mm). Elle correspond à la quantité d'eau que ce sol peut stocker et que les plantes peuvent, en théorie, aller y chercher.
Le calcul démarre chaque année au 1er janvier, en supposant que ce seau est rempli à 100 %. À partir de cette date, on avance jour après jour jusqu'à aujourd'hui, en ajustant le niveau du seau à chaque étape.
Chaque jour, deux mouvements s'opposent. La pluie (et l'irrigation, si vous en avez renseigné) remplit le seau. L'évapotranspiration — l'eau perdue par évaporation directe du sol et consommée par les plantes — le vide. On additionne ce qui rentre, on soustrait ce qui sort, et on obtient le niveau du jour suivant.
Cette perte quotidienne est appelée ET0 (évapotranspiration de référence). Elle est calculée par notre fournisseur de données météo à partir de la météo réelle du jour (température, vent, ensoleillement, humidité), selon une formule standard reconnue internationalement.
Quand il pleut très fort — plus de 10 mm en une seule heure — une partie de l'eau ruisselle à la surface au lieu de s'infiltrer dans le sol. Dans ce cas, on ne compte que 80 % du cumul de pluie de la journée comme ayant réellement rejoint la réserve ; le reste est considéré comme perdu par ruissellement.
Si vous ajoutez une irrigation (une date précise, ou une série d'apports réguliers sur une période), elle est ajoutée au seau exactement comme la pluie, à 100 % de la quantité indiquée.
Toute l'eau contenue dans le seau n'est pas aussi facile à utiliser pour la plante. On distingue trois zones :
🔵 Réservoir Facilement Utilisable (RFU) — c'est la part de la réserve que la plante peut prélever sans effort particulier.
🔴 Réserve de survie — en dessous d'un certain seuil, l'eau est encore techniquement présente dans le sol, mais de plus en plus difficile à extraire pour la plante, qui commence à être en stress hydrique. Ce seuil est fixé, par simplification, à 3/7 (≈43%) de la RU totale — une valeur usuelle en agronomie, non ajustée ici selon la culture. En bas de cette zone (le niveau 0 du réservoir), on trouve le point de flétrissement : l'eau y est physiquement présente dans le sol, mais retenue si fortement par les particules de terre que la plante ne peut plus du tout l'extraire — c'est la limite absolue en dessous de laquelle il n'y a, par définition, plus d'eau disponible pour la plante.
⬛ Saturation — au-dessus de la RU max, le sol contient temporairement plus d'eau que sa capacité normale de stockage (typiquement juste après une grosse pluie ou irrigation). Cet excédent draine naturellement vers le bas en un jour ou deux ; le calcul en tient compte automatiquement pour le lendemain.
Ce qui vient du sol, et ce qui est une convention générique : la capacité au champ et le point de flétrissement (le haut et le bas du réservoir) sont deux vraies mesures issues de SoilGrids, propres à chaque parcelle. Le seuil qui sépare RFU et réserve de survie, en revanche, ne dépend pas du sol : il dépend de la culture et du climat (méthode FAO-56), qu'on ne connaît pas ici — d'où le choix d'une valeur générique (3/7) plutôt qu'une donnée mesurée.
Les propriétés du sol (sa capacité à retenir l'eau) proviennent de SoilGrids, une base de données mondiale et gratuite produite par l'institut de recherche ISRIC, qui modélise le sol du monde entier à partir d'analyses de terrain. Les données météo (pluie, évapotranspiration) viennent d'Open-Meteo, qui s'appuie sur un modèle de réanalyse climatique — ces données ont généralement quelques jours de décalage par rapport à la météo du jour même.
Pour rester simple et rapide, ce bilan ignore volontairement plusieurs facteurs qu'un vrai modèle agronomique prendrait en compte :
— Le coefficient cultural (Kc), qui ajuste les besoins en eau selon le type de culture et son stade de développement, peut être activé en sélectionnant une culture et une date de semis dans le panneau. Sans sélection, on utilise l'évapotranspiration de référence brute (ET0), qui ne reflète pas la consommation réelle de votre culture — généralement une surestimation en début de cycle et une sous-estimation en pleine végétation pour les cultures gourmandes. Les valeurs de Kc utilisées viennent des tables FAO-56 (référence internationale), génériques par culture, non calibrées sur votre parcelle précise.
— La profondeur d'enracinement réelle de la culture : le calcul se limite systématiquement aux 60 premiers centimètres de sol, quelle que soit la plante. C'est un bon compromis pour la plupart des cultures de plein champ (céréales, colza, maïs...), mais une culture à enracinement plus superficiel (maraîchage, jeunes semis) aura en réalité une réserve un peu plus faible que ce qu'affiche l'outil, et une culture à enracinement plus profond une réserve un peu plus élevée.
— Les caractéristiques du sol restent des estimations issues d'une carte mondiale, pas d'une analyse de votre parcelle.
C'est un outil gratuit et volontairement simplifié, pensé pour donner une tendance rapide, pas une mesure de précision agronomique. Considérez le résultat comme un ordre de grandeur, pas une valeur au millimètre près.